« Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups »

Ces paroles sont unes des premières prononcées par le Pape Benoît XVI lors de son homélie du 24 avril 2005, précisément pour la messe inaugurale de son pontificat.
On peut tout de suite observer qu’il n’est absolument pas anodin qu’un Souverain Pontife s’exprime de la sorte. Ces paroles sont en effet uniques, aucun de ses prédécesseurs n’a adressé aux fidèles une telle exhortation, alors que l’ensemble des Saintes Ecritures ainsi que le Magistère vivant de la Sainte Eglise n’a de cesse de nous appeler au courage et à la persévérance.

Nous le savons bien, le Pape Benoît XVI se situe dans la droite ligne de son prédecesseur le Pape Jean-Paul II, nous répétant inlassablement «  n’ayez pas peur ! » et nous encourageant vivement à être de véritables témoins du Christ, dans la certitude de la victoire définitive du Christ.

Comment pourrait-il, en ce sens, nous exhorter à une ligne de conduite que lui-même ne tiendrait pas ; cela équivaudrait à du plus pur pharisaïsme, condamné fermement par Jésus dans le Saint Evangile en ces termes « A vous aussi, les légistes, malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d'un seul de vos doigts ! ». (Cf. Lc 11,46 et Mt 23,4).

Au premier abord, il pourrait donc sembler qu’il y ait une contradiction entre le message évangélique et les paroles du Pape.

Est-ce possible ? Certes non, comme le dit Saint-Paul dans ses épîtres ! Cela serait alors un contre témoignage direct de l’Evangile. La vérité est donc ailleurs, mais où faut-il la chercher ? Que veut nous dire Benoît XVI successeur de Pierre lorsqu’il parle « de se dérober par peur devant les loups » ?

Et bien ! Celui qui a des oreilles, qu'il entende ce que l'Esprit dit aux Eglises ! (Cf. Ap 2,11.17.29 ; 3,6.13.22).

La réponse à ces questions se trouve toujours dans les Saintes Ecritures, puisque Dieu nous a tout dit par Son Verbe, le Dieu fait Homme, Jésus-Christ (Cf. C.E.C § 65 en référence à Saint Jean de la Croix dans le commentaire du Cardinal Ratzinger au § 2.3.3.1 de l’étude).

Cette fois-ci je vous pose moi-même la question, quel passage de la Sainte Ecriture peut faire écho à ces paroles du Saint Père en ces temps qui sont les nôtres, temps du combat final comme nous le signifiait clairement le Cardinal Karol Wojtyla (futur Pape Jean-Paul II) le 9 novembre 1976 :

« Nous sommes aujourd’hui face au plus grand combat que l’humanité ait jamais vu. Je ne pense pas que la communauté chrétienne l’ait compris totalement. Nous sommes aujourd’hui devant la lutte finale entre l’Eglise et l’Anti-Eglise, entre l’Evangile et l’Anti-Evangile ».

Au vu de tout ce que nous avons déjà exprimé, depuis le début de notre étude, la réponse est certaine : ces paroles du Pape nous renvoient directement en 2 Th 2,1-10 :

« 1 Nous vous le demandons, frères, à propos de la Venue de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui […]. 3 Que personne ne vous abuse d'aucune manière. Auparavant doit venir l'apostasie et se révéler l'Homme impie, l'Etre perdu,  4 l'Adversaire, celui qui s'élève au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu ou reçoit un culte, allant jusqu'à s'asseoir en personne dans le sanctuaire de Dieu, se produisant lui-même comme Dieu.  5 Vous vous rappelez, n'est-ce pas, que quand j'étais encore près de vous je vous disais cela. Et vous savez ce qui le retient maintenant, de façon qu'il ne se révèle qu'à son moment. 7 Dès maintenant, oui, le mystère de l'impiété est à l'oeuvre. Mais que seulement celui qui le retient soit d'abord écarté. Alors l'Impie se révélera, et le Seigneur le fera disparaître par le souffle de sa bouche, l'anéantira par la manifestation de sa Venue9 Sa venue à lui, l'Impie, aura été marquée, par l'influence de Satan, de toute espèce d'oeuvres de puissance, de signes et de prodiges mensongers, 10 comme de toutes les tromperies du mal, à l'adresse de ceux qui sont voués à la perdition pour n'avoir pas accueilli l'amour de la vérité qui leur aurait valu d'être sauvés ».

Nous pouvons tout de suite observer que le « ce qui le retient » du verset 6, est obligatoirement et directement à relier avec « celui qui le retient  » du verset 7, puisque l’on y décrit la même réalité de « quelque chose » ou de « quelqu'un » qui retient encore la venue de l’Impie.
En toute logique, et au regard de l’ensemble de notre étude, ce « quelque chose » ne peut être que la papauté et ce « quelqu’un » n’est autre que le Pape lui-même, puisque c’est une seule et même réalité qui est visée.

D’où l’importance de ne jamais isoler un passage de l’Ecriture, car cela serait faire une lecture fondamentaliste forcément erronée. L’Ecriture s’éclaire toujours par Elle-même, puisque Dieu nous a tout dit par son Fils.

En outre il est important de relever qu’à la deuxième partie du verset 7 il est mentionné : « celui qui le retient soit d’abord écarté » ; il ne faut pas ommettre de bien analyser ce verset car chaque mot est lourd de sens.

A la lumière de ce que nous venons d’évoquer, il est aisé de comprendre, que c’est bien le Pape qui retient la venue de l’ « Impie » c’est à dire de « l’Antéchrist ». Le signe de sa pleine manifestation adviendra donc au moment où le Saint Père Benoît XVI sera écarté et sans aucun doute contraint à l’exil. A ce sujet je développe un argumentaire sur la vraisemblance de sa venue en France au § 6.5 Les Souverains Pontifes et la France.

Cette vision est également partagée, en particulier par Saint Thomas d’Aquin comme l’affirme l’Abbé Augustin Lemann dans son ouvrage sur « L’Antéchrist », pages 67 à 71, dont je reprends ici l’ensemble de la thèse :

« Puisque l’Apostasie doit être le milieu préparatoire à l’avènement de l’Antéchrist, fléau le plus redoutable qui aura bouleversé le monde, le devoir qui s’impose n’est-il pas de lutter pour la refouler, en s’efforçant de ramener à Jésus-Christ et à l’Église les nations, les familles, les individus, qui s’en sont séparés ou qui menacent de le faire ? Le vent d’aveuglement et de défection qui emporte déjà une partie de la société et la fait se séculariser, c’est-à-dire se soustraire à l’Évangile et à l’Église, n’est peut-être que passager, Dieu ayant fait les nations guérissables. L’idée chrétienne peut de nouveau s’épanouir, embaumer et vivifier comme par le passé. Il n’y a donc pas lieu de se décourager. Loin de là ! Il faut se mettre résolument à l’oeuvre, s’y mettre avec confiance et générosité. Léon XIII n’en a-t-il pas donné l’exemple, et Pie X ne le donne-t-il pas actuellement ? Que n’a pas fait     Léon XIII pour retenir les individus et les nations sur cette pente fatale de l’apostasie ? Bornons-nous aux Nations. Toute la politique religieuse de ce grand Pape semble s’être inspirée de cette exhortation de Saint Paul : "Que celui qui retient encore retienne, jusqu’à ce qu’il soit rejeté : Qui tenet nunc, retineat, donec de medio fiat" (2 Th 2,7). On sait à quelle occasion Saint Paul fit entendre cette exhortation. Traçant par avance le portrait de l’Antéchrist, tel qu’il a été reproduit dans ces pages, saint Paul découvrit encore aux Thessaloniciens qu’un obstacle retardait l’avènement de «l’homme de péché» : "Vous savez ce qui le retient, afin qu’il ne paraisse qu’en son temps», puis, il ajouta : "Que celui qui retient encore retienne jusqu’à ce qu’il soit rejeté". La Tradition n’ayant pas conservé les explications verbales développées par l’Apôtre devant les Thessaloniciens, des opinions très divergentes se sont formées dans le cours des siècles. Tout en les respectant profondément les unes et les autres, nos préférences vont à celle qu’a donnée Saint Thomas d’Aquin. L’interprétation de l’Ange de l’École explique le passé et éclaire l’avenir. Il ressort évidemment des paroles de saint Paul qu’il y a, contre l’apparition de l’Antéchrist, un obstacle et quelqu’un qui maintient l’obstacle ; il y a une barrière et un garde-barrière. L’Antéchrist ne fera son apparition que lorsque, le gardien de l’obstacle ayant été rejeté, mis de côté, l’obstacle lui-même sera enlevé. Or quel est cet obstacle, quelle est la barrière ? C’est, répond Saint Thomas, l’union et la soumission à l’Église Romaine, siège et centre de la foi catholique. Tant que la société demeurera fidèle et soumise à l’empire spirituel romain, transformation de l’ancien empire temporel romain, l’Antéchrist ne pourra point paraître. Telle est la barrière, tel est l’obstacle. Mais, par la bienfaisance de Dieu, à côté de cet obstacle, il y aussi un gardien, chargé de veiller, chargé de le maintenir ; et ce Gardien, c’est le Pape, Vicaire de Jésus-Christ. Tant que le Gardien sera reconnu, respecté, obéi, l’obstacle subsistera, la société demeurera fidèle à l’empire spirituel romain et à la fois catholique. Mais si ce Gardien, le Pape, vient à être méconnu, mis de côté, rejeté, l’obstacle disparaissant bientôt avec lui, l’Antéchrist sera libre de paraître. "Qui tenet, scilicet, romanum imperium, teneat illud donec ipsum fiat de medio. Quia medium est dùm universis circumquaque imperat, quibus ab ipso recedentibus, de medio auferetur, et tunc ille iniquus oportuno sibi tempore revelabitur". Eh bien, Léon XIII a-t-il été fidèle à l’exhortation de l’Apôtre ? S’est-il efforcé de maintenir l’obstacle, c’est-àdire la fidélité à la fois catholique et à l’empire spirituel romain ? Ce but n’a-t-il pas été celui de toute sa vie pontificale, ainsi qu’il l’exprimait un jour au Sacré-Collège : "Le gouvernement de l’Église, disait-il, Nous apparut d’abord comme un poids formidable et il est encore tel actuellement par suite des temps mauvais et de la condition difficile faite à l’Église, par la crainte d’un avenir plus terrible encore pour l’Église et pour la société... À cet effet, Nous avons cru que l’oeuvre la plus opportune et la plus conforme à Notre charge était de montrer aux peuples et aux princes ce port de salut et de les aider à y entrer. Nous avons consacré Notre vie dans ce but, persuadé que Nous agissons ainsi pour les intérêts de la religion et de la société" (2 mars 1887). Avec quelle constance et quelle fermeté ce but n’a-t-il pas été poursuivi par l’auguste Pontife ! À peine placé au gouvernail de la barque de Pierre, Léon XIII, comme le pêcheur qui reprend l’une après l’autre les mailles rompues de ses filets lacérés, s’est mis à reprendre l’un après l’autre tous les fils emmêlés des relations diplomatiques. Chaque État, non seulement de l’Europe mais du monde entier, s’est vu l’objet de ses prévenances et de ses soins : Que celui qui retient, retienne ! Bornons-nous à un résumé rapide de ses efforts pour retenir, ne fût-ce que par un fil, les nations à l’Église :
- Concordat avec la République de l’Équateur (en 1881).
- Concordat avec l’Autriche-Hongrie pour la Bosnie et l’Herzégovine (1881).
- Accord avec le gouvernement Russe sur certaines questions ecclésiastiques (1882).
- Conventions avec la Suisse pour régler l’administration ecclésiastique du Tessin et l’administration régulière
du diocèse de Bâle (1884).
- Concordat avec le Portugal pour les Indes Orientales (1885).
- Concordat avec le Montenegro (1886).
- Rétablissement des relations diplomatiques avec la Belgique (1886).
- Promotion d’un cardinal aux États-Unis (1886).
- Arbitrage entre l’Allemagne et l’Espagne au sujet des Carolines (1886).
- Échange de rapports bienveillants avec la Turquie, la Perse, la Cochinchine, la Chine (1886).
- Arrangements avec l’Allemagne et cessation du Kulturkampf (1887).
- Concordat avec la République de Colombie (1887).
- Reprise des relations diplomatiques avec la Russie (1888).
- Arrangements avec le gouvernement Anglais sur certains points de l’administration ecclésiastique de l’île
de Malte (1890).
- Appel à l’Orient et visite à Jérusalem par un Légat, le cardinal Langénieux (1893), etc., etc.
Que de soucis, que de patience, que de prudence, toutes ces négociations épineuses n’ont-elles pas exigées ! Mais il importait de retenir : Que celui qui retient, retienne ! Dans son allocution au Sacré-Collège, à l’occasion du 25 ième anniversaire de son élection, le 20 février 1903, Léon XIII dira : "Voici Notre dernière leçon : recevez-la et gravez-la tous dans vos esprits : C’est l’ordre de Dieu qu’il ne faut chercher le salut que dans l’Église, qu’il ne faut chercher l’instrument du salut, vraiment fort et toujours utile, que dans le Pontificat romain".

Veuillez également suivre le lien suivant pour une étude plus approfondie du texte de Saint Tomas d'Aquin :

http://docteurangelique.free.fr/livresformatweb/ecriture/2thessaloniciens.htm#_Toc201675868

A la lumière de ces considérations poursuivons donc notre analyse. Comme le texte biblique de 2 Th 2,6-7 le laisse entendre, le Saint Père ne mourra pas, Dieu ne le permettra pas. C’est ce que confirme en particulier Notre Seigneur Jésus à Vassula Ryden lorsqu’il désigne le Saint Père par « Abel » et l’Antéchrist ou l’un de ses partisans par « Caïn » dans l’œuvre de la « Vraie Vie en Dieu ». Voici deux passages significatifs du tome 2 :

- extrait du message donné le 2 décembre 1987, page 41 :

« Moi Jésus, Je me tiendrai au milieu, entre Caïn et Mon Abel. Cette fois, Caïn se trouvera face à Moi au lieu de son frère. S'il lève la main pour frapper, c'est Moi qu'il devra frapper ; il sera dépouillé et se retrouvera nu face à Moi son Dieu. Mon Abel, Mon Abel bien-aimé, cette fois, tu vivras ; ton sang - qui est Mon Sang - ne sera pas versé, et Mon parfum embellira Mon Jardin, ce Jardin-même où fut versé le sang de Mon Abel [en référence au Saint Père Jean-Paul dont le sang a coulé le 13 mai 1981, place Saint Pierre de Rome] ».

- extrait du message donné le 28 décembre 1987, page 57 :

« Mon Abel vivra cette fois. La sincérité abolira le mal (ce qui signifie Abel conquerra Caïn) ».

Retournons de nouveau à la Parole de Dieu afin d’analyser ce que l’on appelle les « loups » dans la bouche du Vicaire du Christ, qui n’est autre que le prolongement de la Parole du Christ. Le Verbe Incarné nous affirme dans le Livre des Actes des Apôtres lorsque l’Apôtre Paul donne ses adieux à l’Eglise d’Ephèse en Ac 20,25-32 :

« 25 Et maintenant voici que, je le sais, vous ne reverrez plus mon visage, vous tous au milieu de qui j'ai passé en proclamant le Royaume. 26 C'est pourquoi je l'atteste aujourd'hui devant vous: je suis pur du sang de tous. 27 Car je ne me suis pas dérobé quand il fallait vous annoncer toute la volonté de Dieu.  28 Soyez attentifs à vous-mêmes, et à tout le troupeau dont l'Esprit Saint vous a établis gardiens pour paître l'Eglise de Dieu, qu'il s'est acquise par le sang de son propre fils. 29 Je sais, moi, qu'après mon départ il s'introduira parmi vous des loups redoutables qui ne ménageront pas le troupeau, 30 et que du milieu même de vous se lèveront des hommes tenant des discours pervers dans le but d'entraîner les disciples à leur suite.31 C'est pourquoi soyez vigilants, vous souvenant que, trois années durant, nuit et jour, je n'ai cessé de reprendre avec larmes chacun d'entre vous.32 Et à présent je vous confie à Dieu et à la parole de sa grâce, qui a le pouvoir de bâtir l'édifice et de procurer l'héritage parmi tous les sanctifiés  ».

Ce passage de l’Ecriture s’actualise de façon magistrale avec le Saint-Père Benoît XVI. Même si Saint Paul parle de lui-même, la Parole de Dieu, comme en écho, trouve une résonance propre au cours des siècles, selon  le caractère dynamique qui Lui est propre, comme nous l’avons souvent évoqué au cours de notre étude (en particulier au § 2.2.3 « Les différents sens de l’Ecriture »). Relevons dans le même temps que l’on fait référence à    « trois années », ce qui correspond parfaitement à la période biblique des trois ans et demi du règne de l’Antéchrist, à savoir les 1260 jours d’Ap 11,3 soit 42 mois de 30 jours selon Ap 11,1 (période dans laquelle l’humanité est entrée depuis le printemps 1995. Cf. message donné à Vassula Ryden le 10 mai 1995, page 47 du supplément 9 de l’œuvre de « La Vraie Vie en Dieu »). Ainsi, la mention des « trois années » d’Ac 20,31 fait correspondre le moment de la venue de l’Antéchrist, dont le règne sera bref, symbolisé par la moitié d’une année.

Attardon-nous en ce sens, sur un passage extrêmement révélateur de la lettre encyclique   « Spe Salvi facti sumus », (Sauvés dans l’Espérance) où le Pape nous parle explicitement de l’Antichrist, à travers une citation du philosophe Emmanuel Kant :

§ 19 : « Nous devons brièvement jeter un regard sur les deux étapes essentielles de la concrétisation politique de cette espérance, parce qu'elles sont d'une grande importance pour le chemin de l'espérance chrétienne, pour sa compréhension et pour sa persistance. Il y a avant tout la Révolution française comme tentative d'instaurer la domination de la raison et de la liberté, maintenant aussi de manière politiquement réelle. L'Europe de l'Illuminisme, dans un premier temps, s'est tournée avec fascination vers ces événements, mais face à leurs développements, elle a dû ensuite réfléchir de manière renouvelée sur la raison et la liberté. Les deux écrits d'Emmanuel Kant, où il réfléchit sur les événements, sont significatifs pour les deux phases de la réception de ce qui était survenu en France.

En 1792, il écrit son œuvre: « Der Sieg des guten Prinzips über das böse und die Gründung eines Reiches Gottes auf Erden » (La victoire du principe du bien sur le principe mauvais et la constitution d'un règne de Dieu sur la terre). Il y écrit: « Le passage progressif de la foi d'Église à l'autorité unique de la pure foi religieuse est l'approche du royaume de Dieu ». Il nous dit aussi que les révolutions peuvent accélérer les temps de ce passage de la foi d'Église à la foi rationnelle. Le « règne de Dieu », dont Jésus avait parlé, a reçu là une nouvelle définition et a aussi pris une nouvelle présence; il existe, pour ainsi dire, une nouvelle « attente immédiate »: le « règne de Dieu » arrive là où la foi d'Église est dépassée et remplacée par la « foi religieuse », à savoir par la simple foi rationnelle. En 1794, dans l'écrit « Das Ende aller Dinge » (La fin de toutes les choses), apparaît une image transformée. Kant prend alors en considération la possibilité que, à côté du terme naturel de toutes les choses, il s'en trouve aussi un contre nature, pervers. Il écrit à ce sujet: « Si le christianisme devait cesser d'être aimable [...], on verrait nécessairement [...] l'aversion et la révolte soulever contre lui le cœur de la majorité des hommes; et l'antéchrist, que l'on considère de toute façon comme le précurseur du dernier jour, établirait son règne (fondé sans doute sur la peur et l'égoïsme), fût-ce pour peu de temps; et comme le christianisme, destiné à être la religion universelle, serait alors frustré de la faveur du destin, on assisterait à la fin (renversée) de toutes choses au point de vue moral ».

C’est absolument fantastique d’analyser comment, avec grande finesse, le Pape Benoît XVI procède pour nous faire comprendre ce qui devra arriver dans peu de temps.

A la lumière de la seule raison, formulons tout d’abord un premier questionnement.

Benoît XVI avait-il vraiment besoin de citer précisément ce passage de Kant pour développer son argumentaire sur l’Espérance chrétienne ? Avait-il besoin de faire référence à l’Antéchrist, comme « le précurseur du dernier jour », qu’il « établirait son règne pour peu de temps » et qu’ « on assiterait à la fin (renversée) de toutes choses d’un point de vue moral » ? La réponse qui s’impose d’emblée, est clairement non !

Le Saint Père veut en effet nous suggérer la proximité de ces évènements, de façon indirecte à travers une citation. Rappelons que le Pape, et plus largement tout pasteur, n’a pas d’autre moyen que de procéder ainsi, en conformité avec ce que nous disions au § 5.1.1, puisqu’aucune mention explicite de la venue de l’Antéchrist et du temps du jugement ne peut être faite.

De plus, il est important de relever, qu’à travers de la citation d’Emmanuel Kant, que le Saint Père a pris le soin de choisir, est clairement évoqué le lien avec la France, ce qui n’est absolument pas fortuit.

Au regard de tout ce que nous avons montrer au cours de notre analyse : la France est un des pays où la franc-maçonnerie est plus qu’agissante. Mais il y a plus, là encore se cache la mission et le rôle de la France mais également le mystère d’iniquité qui doit se manifester pleinement, car nous savons que l’Antéchrist est né sur le sol de France (Cf. § 3.4.8 L’Antichrist et ses manifestations).

Enfin, pour conforter notre conviction que le Saint Père Benoît XVI est bien le Pape de la « fin des temps » rappelons tout d’abord la prophétie du Pape Saint Pie X, mort en 1914, comme retranscrite pages  243 et 244 du tome 1 de la série des ouvrages « Veillez et priez car l’heure est proche » :

« Tandis qu’ils donnait une audience, il entra soudain dans un sommeil mystérieux ; quand il revint à lui, il s’écria : « Ce que je vois est effrayant ! Sera-ce moi ? Sera-ce mon successeur ? Ce qui est sûr, c’est que le Pape quittera Rome, et pour sortir du Vatican, il lui faudra passer sur les cadavres de ses prêtres ».

Notons que ce fait n’est pas encore advenu et que cette prophétie rejoint la description de la troisième partie du secret de Fatima qui a été rendue publique, dans laquelle il est fait mention, en particulier que le Saint Père gravit une « montagne escarpée passant par une grande ville à moitié en ruines au milieu de cadavres de morts, avant d’arriver finalement à une grande croix, terme et point de référence de l’histoire ».

Rappelons également la prophétie de Saint Malachie dont la dernière devise « De la gloire de l’olive », s’applique à Benoît XVI (Cf. § 5.2.1), en lien direct avec celle de Garabandal (Cf. § 5.3.1.9), où il nous a été révélé que l'ultime période de la « fin des temps » surviendrait après le troisième successeur du Pape Jean XXIII, c'est-à-dire le Pape Jean-Paul II, sous le pontificat initié par le Saint Père Emérite Benoît XVI et celui de l'actuel Pape François.